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CONSEIL DE PARIS

Le groupe UMPPA contre la fermeture des voies sur berges prônée par le maire de Paris

Lors du débat organisé sur le réaménagement des voies sur berges à l’occasion de la séance du Conseil de Paris des 5 et 6 juillet 2010, le groupe UMPPA a déploré l’entêtement du maire de Paris à poursuivre sa croisade destructrice et démagogique contre la voiture dans la capitale.

Le 14 avril 2010, le maire de Paris a annoncé en grandes pompes « la reconquête des voies sur berges » : réduction de la vitesse de circulation rive droite par l’installation de feux tricolores, fermeture des quais bas rive gauche laissant place à des espaces verts et des terrains de jeux, des lieux de travail, de promenade et de lecture ainsi qu’un archipel d’îles artificielles.

Fête, bonheur, distraction, détente : au fond, c’est ainsi que l’équipe municipale essaie de dissimuler aux Parisiens, par des visuels idylliques, la hausse massive des impôts locaux, l’enlisement de ses projets phares (le CentQuatre, les Halles, etc.), les engorgements désastreux liés aux travaux titanesques de la voirie et son projet étriqué financé intégralement par les contribuables parisiens (40 millions d’euros).

Le maire de Paris prétend que le report de circulation sur les quais hauts lié à la fermeture des voies sur berges entre Solferino et l’Alma (2,3 km) n’entraînera que six minutes de trajet supplémentaires pour les automobilistes dans leurs trajets quotidiens. Mais ces chiffres sont loin de représenter les difficultés de circulation des Parisiens et des Franciliens aujourd’hui. Ils sous estiment totalement les reports de circulation entraînés par les futurs aménagements rue de Rivoli ou boulevard Saint-Germain.

Dans son intervention, Michel Gaudin, Préfet de Police de Paris, autorité compétente pour décider de la fermeture à la circulation des voies sur berges, a tempéré les ardeurs du maire de Paris quant à la faisabilité réelle de son projet. Il a ainsi rappelé à Bertrand Delanoë qu’il fallait « veiller à préserver des axes de communication suffisamment calibrés et fluides » tout en déclarant que son projet aurait un « impact considérable » sur la circulation parisienne. Le Préfet de Police a en outre ajouté que « les conclusions théoriques ne suffisent pas », rappelant que « les modèles théoriques (...) sont fondés sur des moyennes, ils ont tendance à minorer la congestion ».

A travers ce projet, qui aura pour conséquence de provoquer l’embolie du cœur de Paris, Bertrand Delanoë démontre une fois encore sa conception de l’écologie : une écologie contrainte. En séance, Jean-François Lamour, président du groupe UMPPA, a indiqué préférer une « écologie choisie » par l’ensemble des Parisiens, tout en étant respectueuse de l’environnement.

Laurence Douvin, première vice-présidente du groupe UMPPA a par ailleurs dénoncé la confiscation du débat par la majorité aux dépends des Parisiens. Force est de rappeler que cet unique projet, élaboré dans la confidentialité du cabinet du maire, a été conçu par un service technique de la ville et est d’ores et déjà inscrit sur la liste des réalisations qui seront soumises à l’étude de Paris Métropole. Le groupe UMPPA a dénoncé ce déni de démocratie excluant les élus parisiens du débat.

Pour un chantier de cette envergure, il eut été indispensable de lancer un appel à projets, afin que des cabinets d’architectes et d’urbanistes du monde entier puissent y concourir et offrir aux Parisiens un débat de qualité sur une décision qui les engage sur l’avenir.

D’autre part, Patrick Trémège, vice-président délégué du groupe, a souligné que le projet de la majorité municipale se concentrant sur l’hyper-centre de Paris marginalise encore plus les arrondissements voisins. « C’est une occasion ratée de pouvoir réhabiliter les berges situées en particulier dans le 13e arrondissement et notamment de supprimer les usines à béton polluant considérablement la qualité de l’air », a-t-il précisé. Il a en outre regretté que le maire de Paris n’ait pas songé à valoriser les secteurs piétons présents sur les rives des 12e, 13e, 15e et 16e arrondissements.

L’aménagement des voies sur berges doit se concevoir dans un objectif de fluidité pour concilier et réconcilier piétons, voitures, vélos, motos, transports en commun. Il doit également proposer un modèle économique viable et indolore pour les Parisiens. Il n’est pas question d’aménager sans équilibre financier, sans investisseur et sans activité économique supplémentaire. Le moteur de ce projet doit enfin avoir pour objectif de donner à Paris sa place dans le Grand Paris dans un esprit consensuel et constructif.

Dans un vœu, les élus du groupe UMPPA ont donc demandé le retrait de cette délibération, le lancement d’un appel à projets international et la consultation de l’ensemble des Parisiens.


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