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A cet égard, la déconcentration et la décentralisation édulcorées voulues par l’Exécutif parisien ne peuvent que décevoir. Alors que l’arrondissement est le territoire pertinent pour l’organisation de base des échelons déconcentrés et l’interlocuteur naturel des Parisiens, les nouvelles responsabilités qui lui seront dévolues paraissent bien minces. La gestion de proximité est ainsi cantonnée à des travaux d’entretien et de petit aménagement des équipements. En matière de co-pilotage des missions de propreté, l’heure est à la demi-mesure : le maire d’arrondissement étant placé sous une tutelle administrative de la maire centrale, il est dans l’incapacité de coordonner pleinement cette action de terrain.
L’autorité fonctionnelle des maires d’arrondissement sur les services déconcentrés des directions centrales restera un vœu pieux du groupe UMPPA. Jaloux de ses prérogatives, Bertrand Delanoë refuse de doter les maires d’arrondissement d’un réel pouvoir de décision sur des sujets de grande proximité.
Si l’on ajoute à cela le renvoi aux calendes grecques de la charte parisienne de la participation – destinée à renforcer la concertation publique et dont la présentation en Conseil de Paris est sans cesse différée -, on est en droit de se poser de sérieuses questions sur la conception de la démocratie participative de Bertrand Delanoë et de son équipe.
La figure d’un Bertrand Delanoë chantre de la démocratie de proximité est aujourd’hui mise à mal. Le maire de Paris voit également son image de champion de la générosité sociale passablement écornée. Preuve en est l’augmentation de plus de 50 % des impôts locaux en 2009, avec la création d’une taxe foncière départementale. En cette rentrée, la note se révèle plutôt salée pour les Parisiennes et les Parisiens.
La faute à la totale imprévoyance du maire de Paris : entre 2001 et 2007, outre l’explosion des dépenses de fonctionnement de la collectivité parisienne (+ 1,3 milliard d’euros), Bertrand Delanoë a réussi l’exploit de gaspiller la manne des droits de mutation sur l’immobilier. Plus de 5 milliards d’euros ont en effet été encaissés depuis 2001 par la Ville sans qu’aucune réserve financière solide ne soit constituée, sans qu’aucune anticipation de l’actuelle crise de l’immobilier ne soit même esquissée. En juin 2009, les droits de mutation avaient déjà chuté de 29 %, soit un manque à gagner de 171 millions d’euros par rapport à la même période en 2008.
Coup de massue fiscal, démocratie de proximité fragilisée : Bertrand Delanoë semble décidément faire peu de cas des difficultés des Parisiennes et des Parisiens et de leur envie légitime de peser davantage dans la prise de décision municipale.
Tribune de l’opposition parue dans le journal A Paris - Numéro 32 - Automne 2009
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