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Bilan d’une nouvelle année de gestion socialiste
par Jean-François Lamour
Ancien Ministre
Député de Paris
Président du groupe UMPPA

Voilà un an que le Maire de Paris a entamé son second mandat à la tête de la capitale française. De ces douze mois de gestion socialiste, il est nécessaire de dresser un bilan.

Un constat tout d’abord. Notre pays traverse une crise sans précédent qui modifie en profondeur le climat économique national et international, et affecte de plein fouet le quotidien de nos concitoyens. Malheureusement, le Maire de Paris n’a pas pleinement pris la mesure de ces bouleversements, tout comme il n’a pas su relever les défis majeurs de la collectivité parisienne.

Au début de l’année, la majorité municipale s’est targuée d’avoir pris en 2008 nombre de décisions. Mais, elle a pris grand soin de ne dire mot du matraquage fiscal qu’elle va opérer cette année.

Alors qu’elle a engrangé sous la précédente mandature des droits de mutations colossaux, l’équipe du Maire de Paris les a tout bonnement gaspillés. Ce sont donc nos concitoyens qui passeront à la caisse pour cette mauvaise gestion et cette absence de vision : ils subiront une copieuse hausse des impôts, +9%, à laquelle s’ajoutera la création de la taxe foncière départementale. Rendez-vous est pris en octobre prochain quand il faudra payer la note.

A cette hausse de la fiscalité s’ajoute une politique insidieuse menée à l’encontre des commerçants, des artisans et des entreprises : augmentation des droits de voirie et des droits de place des marchés couverts, absence de soutien aux TPE et PME pourtant les plus créatrices d’emplois, manque de propositions en matière de locaux et d’infrastructures adaptés aux entreprises qui migrent vers la petite couronne. En pâtissent le développement économique de la capitale et la création d’emplois.

Or, les défis à Paris sont nombreux. Deux d’entre eux appellent mon attention.

Le premier : le logement. La majorité socialiste s’enorgueillit d’avoir financé plus de 6 000 logements sociaux en 2008. Mais il convient de faire la lumière sur sa politique du logement. La Ville achète à des prix exorbitants des immeubles du secteur privé qu’elle transforme en logements sociaux. Conséquence : l’offre de logements dans le privé diminue, le montant des loyers s’accroît boutant hors de la capitale les classes moyennes. Le logement intermédiaire et l’accession sociale à la propriété sont quant à eux inexistants. Une véritable fracture urbaine se crée, opposant au fil des mois le « Paris des plus aisés au Paris des plus aidés ».

Le second domaine, c’est l’accueil de la petite enfance à Paris. Multiplier les berceaux dans les crèches municipales ne suffit pas. Il est indispensable de développer les modes de garde alternatifs pour que les parents puissent enfin reprendre leur travail. C’est là un impératif majeur. Le groupe UMPPA a demandé au Maire de Paris la création d’une mission d’information et d’évaluation des modes de garde pour dresser le bilan de l’action des deux majorités municipales sur la question depuis 10 ans et en déterminer les priorités.

Au final, en ce début de second mandat du Maire de Paris, aucun projet d’envergure digne de ce nom, aucune ambition ne se dégage de la feuille de route de Bertrand Delanoë. Dans le contexte national difficile, il est regrettable que Paris ne puisse miser sur un nouvel élan.


Tribune parue dans le magazine A Paris n° 30, printemps 2009

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